Mésaventure à Saint-Cyprien

Mon coup de gueule après avoir été au quartier  Saint-Cyprien à Toulouse,  à la recherche de la mèche Kinky pour faire des fausses dreadlocks:

1ère boutique : propre et bien rangée. Il faut retourner chaque produit pour voir le prix. Pas de prix affiché. Espace aéré mais pas de conseils ni de coaching  de la clientèle. Sur les rayons de produits: aucun produit à la compo clean. La vendeuse était au téléphone et me jette à peine un regard.

2ème boutique: la vendeuse est avenante. Espace aéré et propre. Petit espace coiffure. « Cool », me dis-je ? Elle me donne des conseils pour le choix de la mèche. Oh miracle je trouve l’éco styler à l’huile d’Olive. Mon choix après avoir été dans toutes les boutiques s’est finalement porté sur celui là même si elle n’avait pas la marque de mèche que je recherchais.

3ème boutique : Il y a des mèches,  mais pas celle que je veux. Il y a aussi et encore un espace coiffure.Pas assez de luminosité, c’est un vrai capharnaüm. Je regarde la tête de la vendeuse/Coiffeuse (de vieux rajouts) et me dit « ce n’est pas ici que j’achèterai mes mèches et que je me ferai coiffer». La vendeuse était au téléphone

4ème boutique: Je reconnais  le kaba (vêtement traditionnel d’une tribu du Cameroun) et l’accent. La vendeuse était aussi au téléphone.  « Encoreee » me dis-je ? Au fond de la boutique, j’aperçois une dame et un enfant qu’on coiffe. Encore un espace coiffure aménagé. Des cheveux  jonchent le sol. Des cartons de mèches sont posés ici et là. Me voilà entrain de fouiller dans les cartons  tout en disant à mon fils de ne toucher à rien. Je me tourne finalement vers la vendeuse (toujours au téléphone) et lui dit ce que je cherche. Elle me montre des mèches dans un carton. Je lui réponds « mais c’est écrit twist braid, ce ne sont pas des mèches pour les locks ça !! ». Elle me dit « oui c’est pour les vanilles ». Pas la peine d’insister, elle n’a rien compris à ma demande.Hum !!! No more comment je sors de là sans rien acheter.

5ème boutique: Je tombe à nouveau sur une vendeuse au téléphone.Je lui pose une question elle me répond à peine et garde son combiné collé à l’oreille. Mais elle a tout même pu réprimander mon fils qui touchait aux mèches, mais pas un mot, pas un sourire. Espace pas aéré. Encore et toujours les même produits pas « clean ». Elles ont toutes les mêmes fournisseurs? Je sors de là une fois de plus déçue.

6ème boutique: Oh Seigneur!! La vitrine ne paye pas de mine!! L’odeur!!!J’ai failli rebrousser chemin, mais je tenais à acheter mes mèches. J’entre mon Dieu « l’odeur » !! J’aurais dû rebrousser chemin  mais je tenais à mes mèches, peu importe le prix que cela allait me coûter.  Elle aussi était au téléphone (« Décidément elles sont bien occupées ces entrepreneuses afros » me dis-je?). On a dû mal à reconnaître les articles, pas assez de luminosité dans le magasin et c’est un vrai bordel. J’aperçois un article où c’est écrit « satin bonnet ». Je me dis « youpii j’ai un bonnet en satin ». Le bonnet était en réalité un bandeau, pas du tout en satin, made in china, il n’y avait pas d’étiquette sur le produit. Je demande le prix à la vendeuse. Elle me répond « regardez sur celui qui est à côté » en essayant de parler un français presque correct. Je sors de là  désabusée et  déçue.

On se croirait à Château Rouge à Paris. Je comprends une fois de plus pourquoi je ne vais jamais dans  ces espaces de ventes dédiés aux femmes noires.A Paris, certes on a Château Rouge mais on aussi des  espaces de ventes cosy et girly dédiés aux femmes noires. A Toulouse on ne trouve aucun espace de beauté, digne de ce nom, dédié à la femme noire.

Est-ce parce qu’il n’y a pas de femmes noires ? Non je ne pense pas

Est-ce parce qu’elles ne sont pas aussi à cheval sur la beauté noire que les femmes de Paris? Encore une fois non.

Quand est-ce que les vendeurs afros qui s’adressent aux femmes noires, répondront-ils au besoin réel de ces femmes ?Et ils sont surpris que des femmes normales se retrouvent au devant de la scène, en faisant des vidéos sur youtube, en créant des pages et comptes facebook où elles font du coaching, en créant des concepts qui répondent au besoin des femmes noires.

Ces femmes normales ont compris ce que veulent les femmes.

Ces femmes normales ne sont pas là juste pour vendre mais pour répondre aux besoins réels des femmes.

Ces femmes normales sont à l’écoute et aiment ce qu’elles font.

Ce sont comme on les appelle : des hairloveuses, make-up loveuses

Les grands distributeurs ont compris qu’il faut compter sur elles pour séduire la femme noire française et la femme noire qui vit en France, mais les petits revendeurs ont encore du chemin à faire. Nous avons fort heureusement eu un espace de vente de produits (shea moisture, Jane Carter Solutions) ouvert il y a un an à l’espace saint-Georges. Cela donne du baume au coeur.

May my dream come true.

 

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Arrêt du défrisage: choix difficile !

Image  Il y a plus de 4 ans, j’ai décidé d’arrêter le défrisage et de retrouver la texture d’origine de mes cheveux crépus.

Ce n’était pas la première fois que je faisais une telle démarche. Sur la photo de ce billet, je n’ai pas d’extensions, c’était mes cheveux défrisés.

Le cheveux comme les yeux, la bouche, à mon sens peuvent sublimer une femme.

En changeant de coiffure, on change de tête, on devient une autre femme pour son homme mais souvent et surtout pour soi. On devient une Tina Turner, une Whithney Houston, une Halle Berry,une Beyoncé, une Rihanna…Toutes ces femmes noires ou métisses dont on a admiré la beauté ou dont on admire encore la beauté. Ces icônes qui sont nos modèles et qui deviennent aussi parfois ceux de nos enfants.

Lorsqu’on nait, le premier modèle est notre mère, si on en a la chance de l’avoir auprès de nous. On se  tourne ensuite vers la société qui nous renvoie des stéréotypes, des icônes auxquelles on s’identifie.

Pourquoi l’arrêt du défrisage? Une envie de changer de tête mais la raison principale était surtout la baisse de soins que j’apportais à mes cheveux défrisés. Je n’avais aucune routine capillaire et ne respectais plus aucune des bonnes habitudes que j’avais adopté pendant la période où j’avais le cheveu défrisé.

Mon énième retour au naturel n’a pas été facile. Je vis en province et trouver des produits capillaires dits sains (sans composition chimique qui altère le cheveu) était mission impossible.

Les solutions que trouve une femme noire ou métisse qui vit en province sont assez souvent: l’achat de produits inadaptés à leurs besoins réels dans ce qu’on nomme assez souvent les « Afro shop » (boutique spécialisée dans la vente de produits cosmétiques pour peaux noires ou métisses), la commande de produits en Afrique, aux caraïbes ou aux USA, et le surf sur la toile à la recherche de produits adaptés. La geek que je suis a rapidement  adopté la seconde solution.

A ma grande surprise je découvre une « communauté »  de nappies. Drôle de nom me dis-je?Qu’est-ce que ça encore?Mon moteur de recherche préféré  s’avère une fois de plus être d’une grande utilité.Je découvre que Nappy est  le titre d’un documentaire fiction français de 2003 réalisé par le photographe Danakil. Ce dernier présente à travers des courts portraits des adolescents issus de la jeunesse dorée parisienne. Mais quelle rapport entre les femmes noires aux cheveux crépus et la jeunesse dorée de Neuilly-Auteuil-Pereire-Passy?
Si on veut aller encore plus loin on ne peut s’empêcher de penser aux couches Huggies Nappy (La mère que je suis n’a pas pu s’empêcher de faire la comparaison).

Le choix du nom nappy pour désigner ces femmes qui ont décidé de retourner au naturel pour revendiquer une certaine identité me fait encore aujourd’hui sourire.

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